Entre deux bains de soleils, il y a les mots

Entre deux bains de soleils, il y a les mots
L'été a bel et bien commencé. Les parasols ornent désormais les balcons, et les filles sortent leurs mini jupe des armoires vieillies par l'hiver. Il fait chaud, cela pourrait être les vacances. Je pourrais m'amuser, prendre du bon temps, mais il n'est rien. Tout d'abord il y a cette attente, si terrible, si tendue.. Elle me donne des migraines, me fait faire des cauchemars.

# Posté le lundi 30 juin 2008 14:18

Modifié le mardi 01 juillet 2008 07:04

Réponse aux réactions

Réponse aux réactions
Pour Eléonore:

Je n'ai jamais dénigré l'université. Mon frère y est depuis 4 ans et je dois dire, que la vie là-bas semble assez excitante... Les étudiants, je les admire, ils travaillent par leur propre initiative, je ne le pourrais jamais, jamais...Faire tout toute seule, peut-être ais-je été trop choyée, enfermée dans mon monde, mais je vous admire vous tous, étudiants, d'être si courageux. Et puis, qui sait, peut-être embrasserais-je cette voie, qui n'est pas "commune", j'ai eu tort d'employer ce mot, après mon possible échec après l'hypokhâgne..Donc, sans rancunes j'espère...

# Posté le mercredi 25 juin 2008 16:57

Modifié le mardi 01 juillet 2008 07:06

Veni, vidi, vixi

Veni, vidi, vixi


J'ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs
Je marche, sans trouver de bras qui me secourent,
Puisque je ris à peine aux enfants qui m'entourent,
Puisque je ne suis plus réjoui par les fleurs;

Puisqu'au printemps, quand Dieu met la nature en fête,
J'assiste, esprit sans joie, à ce splendide amour;
Puisque je suis à l'heure où l'homme fuit le jour;
Hélas! et sent de tout la tristesse secrète;

Puisque l'espoir serein de mon âme est vaincu;
Puisqu'en cette saison des parfums et des roses,
O ma fille! j'aspire à l'ombre où tu reposes,
Puisque mon coeur est mort, j'ai bien assez vécu.

Je n'ai pas refusé ma tâche sur la terre.
Mon sillon? Le voilà. Ma gerbe? La voici.
J'ai vécu souriant, toujours plus adouci,
Debout, mais incliné du côté du mystère.

J'ai fait ce que j'ai pu; j'ai servi, j'ai veillé,
Et j'ai vu bien souvent qu'on riait de ma peine.
Je me suis étonné d'être un objet de haine,
Ayant beaucoup souffert et beaucoup travaillé.

Dans ce bagne terrestre où ne s'ouvre aucune aile,
Sans me plaindre, saignant, et tombant sur les mains,
Morne, épuisé, raillé par les forçats humains,
J'ai porté mon chaînon de la chaîne éternelle.

Maintenant, mon regard ne s'ouvre qu'à demi;
Je ne me tourne plus même quand on me nomme;
Je suis plein de stupeur et d'ennui, comme un homme
Qui se lève avant l'aube et qui n'a pas dormi.

Je ne daigne plus même, en ma sombre paresse,
Répondre à l'envieux dont la bouche me nuit.
O seigneur! ouvrez-moi les portes de la nuit
Afin que je m'en aille et que je disparaisse!

Victor Hugo, Les contemplations
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# Posté le mardi 24 juin 2008 09:58

Une chose finit, une autre recommence

Une chose finit, une autre recommence
Voilà, le bac est fini. Il y a une semaine, on était tous plongés dans nos copies, vidant les cartouches de notre stylo comme seule une mitrailleuse haut de gamme sait y faire...Le bac, chose crainte, pour certains, a été attendue depuis leur année de seconde, pour d'autres, depuis toute leur vie...Quelque chose s'achève aujourd'hui, mais qu'il y aura-t-il demain ? Une chose meilleure ? Plus dure encore sûrement...Nous avons choisi la voie la plus difficile, et ce choix apparaît pour certains comme ambitieux, pour moi, comme redoutable..Faisant ce choix, ais-je jamais imaginé les conséquences?...Les doutes, la douleur ?

Dans les jours qui viennent, la liste des lectures me parviendra, et alors commencera un été mouvementé, plein d'attentes, d'interrogations...Il faudra essayer de lire même si la tentation de la piscine, des chevaux sera tellement grande, et que les cris des enfants nous paraîteront tellement proches....


Mais avant tout, il y a l'attente, si terrible, si longue...Aura-t-on notre bac ? Quelles notes, quelle mention ?...
Rendez-vous le 4 juillet à 17 heures.

# Posté le mardi 24 juin 2008 09:46

Ca sent la fin!

Ca sent la fin!
Aujourd'hui j'ai passé l'épreuve de Littérature..Je me suis penchée pendant deux heures sur les Contes de Perrault. Ces deux heures ont été une vraie torture pour ma main qui me suppliait d'arrêter...13 pages en deux heures, c'est la première fois que je réalise un tel exploit. Peut-être l'adrénaline quant aux minutes qui défilent à la montre..Deux questions argumentatives en deux heures, voilà un exercice difficile. Mais, aujourd'hui, je pense qu'il ne sera rien comparé à ce qui nous attend en prépa...Comme savoir si l'on sera à l'hauteur ? Si lire une fois les livres de la liste suffira à en comprendre tous les enjeux, tous les aspects ? Beaucoup de questions piétinent mon cerveau déjà meurtri par les épreuves. Et pourtant, à cette appréhension se rajoute un étrange sentiment d'excitation, on voudrait y être. On voudrait savoir si le mythe des prépas existe toujours, si un jour nous ferons partie de l'élite...Si nous pourrons atteindre le sommet. Car il s'agit de cela, ce sera la "guerre de tous contre tous" comme dirait Hobbes, même si cette compétition ne se verra pas au jour le jour, elle sera malgré tout présente à chaque instant, à chaque note obtenue...Et puis, il y aura le classement..Ne nous sentirons-nous pas coupables d'occuper une médiocre place ? Pour n'avoir peut-être pas assez travaillé..mais les heures consacrées à la tâche dépasseront tout ce que l'on a connu jusque là..Ne serons-nous pas fiers d'être parmi les premiers ? D'être parmi ceux en qui le professeurs verront les futurs Normaliens ? Beaucoup de questions, d'inquiètudes...
Déposer le dossier d'inscription a été aujourd'hui comme sceller un pacte, avec l'avenir, avec moi-même.Je me suis engagée, et il faudra respecter tous les termes de cet accord, il faudra travailler, encore et toujours. Les heures passées à la bibliothèque doubleront par rapport à ce qu'elles ont été cette année. Il faudra apprendre, retenir et puis il faudra apprendre la vie. Car la prépa sera pour nous tous une année de maturation. Nous y entrerons encore innocents, et nous en sortirons pervertis par le savoir, nous saurons alors tant de choses sur le monde passé, sur la vie de ceux qui ont été avant nous...Mais nous survivrons et nous en sortirons plus forts.

Aujourd'hui, il faudra trouver le courage de se pencher sur la dernière épreuve de demain: l'anglais, et puis tout sera fini..Je serai loin de l'accalmie de la ville, je serai à la campagne, en train de dresser un cheval et d'apprivoiser une vache..Voilà tel que sera mon été, à l'image de toute ma vie...
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# Posté le mercredi 18 juin 2008 14:49

Modifié le jeudi 26 juin 2008 02:47